Obstinément

IMG_2395.JPGLa distance est à l’amour ce que le vent est au feu : elle éteint les petits, et attise les plus grands.

Cette distance qui chaque jour me fait prendre conscience. Je sais désormais ce que je transporte au creux de mon être où que j’aille, où que je sois, où que je me trouve. Je sais ce qui compose mon Essentiel, mon kit de survie intérieur, dirons-nous ; ce qui n’a pas de prix, le non-quantifiable, l’indicible, l’impalpable. Cet amour, si fort, si riche, si puissant, que je ressens pour les quelques personnes qui composent ma petite vie. Il y en a réellement peu, le proverbe dit qu’ils peuvent se compter sur les doigts d’une main et je peux désormais affirmer que tel est le cas. Mais je suis si riche de cela, si reconnaissante de les savoir avec moi, et à cela, la distance n’y change rien. Au contraire, par je ne sais quel pouvoir elle parvient à solidifier les liens, à leur apporter un ciment protecteur, à les marquer de façon indélébile. Elle renforce tant de choses et il est important de s’en rendre compte, de le savoir. Le manque ne doit pas prendre toute la place, il ne doit pas être trop omniprésent, il doit juste être là, sans s’accaparer mon être. Je dois juste cohabiter avec lui à l’intérieur de mon âme et tenter de l’apprivoiser, de le caresser, de m’habituer à lui. En aucun cas cela doit être une relation de force, non. Le manque est là oui, mais il a sa place et il doit rester là où il se trouve. Il ne faut pas l’agiter, l’exacerber, l’emprisonner. Il faut aussi accepter de temps en temps qu’il se manifeste de façon imprévue, au détour d’une ruelle lorsque des éclats de rire retentissent un peu trop fort, alors la solitude nourrit le manque et alors, la distance se fait pesante. Mais, toujours, avec un peu de temps et de patience, du courage et de la persévérance, il faut se ressaisir, s’écouter, se rassurer, dire à à ce cher monsieur Manque qu’il devient un peu trop pressant, un peu trop envahissant. Et il y a aussi des jours où il nous apprend tant, ces moments où on l’accepte et où l’on tente de construire quelque chose avec sa présence. Chaque matin, en ouvrant les yeux, je peux le sentir, souvent il se cache ici, au creux de ma poitrine, parfois il me serre le cœur, me noue la gorge ou emplit mon regard de larmes. Certes, mais je m’efforce à me dire qu’il constitue aussi une force, incroyablement grande qui me pousse vers l’avant. C’est au nom de cela que chaque matin je parviens à aller de l’avant, à me jeter corps et âme dans cette aventure. Obstinément.

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2 réflexions sur “Obstinément

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